Le rêve des mois précédents

Ici est archivé le rêve que je présente chaque mois dans la rubrique  actualités et liens

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Octobre 2019.

Le chemin de l'affirmation de soi dans le rêve.
    Voici deux rêves faits par deux personnes différentes, un homme de 63 ans et une femme de 45 ans qui présentent la prise de position ou la non-prise de position dans le rêve, c'est-à-dire la question de l'affirmation de soi face à ses propres forces psychiques (affects). 

L'homme de 63 ans :
   Je rencontre inopinément une femme que j'ai aimée profondément et dont le départ sans raison m'avait durement affecté. Elle ne peut plus me fuir et accepte la rencontre. Je me retrouve avec elle dans un petit groupe constitué de ses amies qui ne me connaissent pas et qui ne l'ont connue qu'après le début de ses activités artistiques. 
  Elle sait qu'elle ne peut plus fuir sa responsabilité dans son départ de notre relation amoureuse et essaie une dernière fois de me reprocher ma conduite pour se disculper ou atténuer sa responsabilité. Elle dit que si elle m'a trompé, je l'ai trompée moi aussi puisque j'ai connu des femmes après elle. Autrement dit, j'aurais du être fidèle à mon amour pour elle, sans elle (on voit ici une injonction paradoxale à l'œuvre). Il y a là une torsion de la vérité qui consiste à accuser l'autre pour se disculper.  
  Ses amies sont en admiration devant l'artiste qu'elle est. Je dis : " Cette femme que j'aime est une manipulatrice. Sa puissance et son rayonnement n'existe que par le crédit que vous lui accordez. C'est moi qui lui ai révélé patiemment ses talents, vous ne le saviez pas ? " 
    
    Ce rêve prend dans l'histoire de cet homme des images affectives fortes de son passé pour mettre en scène le difficile travail d'affirmation de soi face aux autres auquel on renonce bien souvent par peur de blesser, peur de déplaire, peur de passer pour un outrecuidant, peur d'être rejeté. Le réveur ici s'affirme. En étant à la fois aimant et lucide, il déjoue les pièges de sa propre anima que représente cette femme aimée et versatile. C'est l'accusatrice en lui qui lui fait souvent endosser des responsabilités qui ne lui appartiennent pas. 

La femme de 45 ans : 
    Je suis avec un homme, un prof, que j'ai aimé éperdument lorsque j'étais étudiante. Il est marié à une jolie femme. Elle est sympathique et je pourrais être son amie. 
     J'ai envie de lui et nous partons sur le bord de la mer pour chercher un endroit intime et retiré pour ne pas qu'on nous voie. Je suis nue et nous faisons l'amour. Puis il me laisse pour rentrer chez sa femme. Je ne retrouve pas mes vêtements.  La mer a monté et je ne puis retouner chez moi par ce chemin, je ne sais pas nager. L'autre solution est de remonter la plage et de traverser un village. Mais ce n'est pas possible car, étant nue, on va me voir et je vais me faire arrèter par la police.

    Comme dans le rêve précédent, ce rêve prend dans l'histoire de cette femme des images affectives fortes pour mettre en scène le difficile travail d'affirmation de soi. Mais contrairement à  l'homme du rêve précédent qui s'oppose à son anima en révèlant ses roueries, cette femme ne s'oppose pas au départ de l'homme aimé, son animus. Il lui impose sa double vie et la confine à un rôle secondaire d'amante. 
    Nous voyons dans ce rêve comment elle concède à cet animus une part d'elle-même. D'abord en trouvant son épouse jolie et aimable (donc, je ne peux pas lui faire de mal), ensuite en se dépouillant de ses vêtements (l'élan amoureux lui faisant perdre toute notion de protection) puis en acceptant de jouer le rôle de l'amante qui sera toujours dans l'attente du bon vouloir de son amoureux. 
      La conséquence d'une telle attitude est qu'elle refoulera ce désarroi dans son inconscient (la mer haute, infranchissable sans risquer de se noyer) ou bien qu'elle en concevra de la honte de s'être livrée sans protection et de s'être fait duper par son attente amoureuse. 
   Cependant, comme aucune des solutions de retour chez soi n'est possible sans dégats (régression psychologique), il n'y a qu'une solution, c'est d'observer combien la même situation engrammée dans l'enfance se répète. Puis de voir la duplicité de l'animus qui est en elle et qui lui fait accepter des conditions d'infériorité et de revendiquer sa place dans toute relation quitte à déplaire ou oser dépasser son propre sentiment de rejet. 

    L'anima et l'animus sont des puissances de conviction. Elles sont nourries par notre reniement inconscient de soi fait dans l'enfance, ce reniement qui nous a permis de nous adapter à nos parents pour ne pas nous sentir rejeté.

     L'affirmation de soi passe d'abord par la reconaissance que c'est nous-même qui cédons à nos propres peurs, puis par une prise de position calme mais déterminée contre ce qui n'est pas juste. 

   Dans l'exposé de ces deux rêves nous avons vu que cet homme est plus avancé que cette femme. Il expérimente déjà dans sa vie l'opposition calme et constructive.
    A cette femme, il est montré son manque de positionnement ou de quant-à-soi. C'est déjà un gros progrès (elle n'est plus le jouet de ses peurs). Nous nous attendons à voir dans ses prochains rêves, les effets de son positionnement quel qu'il soit et les rectifications éventuelles à apporter. 


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Septembre 2019.

Rêve de manque d'un ticket de parking (par une femme de 58 ans).
   Je vais me garer sur un parking en extérieur ainsi que mes deux copines, chacune avec sa voiture. Quand je veux sortir, je m'aperçois que c'est impossible car je n'ai pas le ticket de caisse. Par contre, mes copines l'ont. Elles ont pu le passer dans la machine pour sortir. J'essaie de trouver une solution. Je vois deux types en train de désosser ma voiture. Je leur dis qu'ils ne sont pas gênés ! Ils répliquent qu'ils ont des ordres. De qui? Je trouve une facture avec le nom du responsable du parking. Je l'appelle au téléphone, sa secrétaire me répond qu'il est occupé et donc pas disponible. Je suis tellement en colère que la secrétaire me dit d'attendre qu'elle essaie à nouveau. J'attends longtemps, en vain. Je raccroche et veux appeler la police.

   C'est le quatrième rêve de la même réveuse des quatre mois précédents. Ce rêve-ci continue la série de son rapport au collectif. 
    Au volant de sa voiture, elle conduit sa propre vie. Elle souhaite suspendre cette conduite (garer sa voiture) pour la reprendre plus tard. Cependant, ça ne marche pas. Elle se retouve prisonnière d'un fonctionnement collectif qu'elle ne comprend pas.
    Quand on la questionne sur le rapport qu'elle entretient dans la vie avec l'ordre des choses, elle invoque une fréquente déconvenue. Elle dit souvent : "Ca devrait marcher, je ne comprends pas pourquoi ça ne marche pas!" Elle est souvent dans l'attente que les choses viennent à elle sans qu'elle ait à intervenir
    La déconvenue est renforcée par son côté obtus illustré par les copines. "Si ça marche pour mes copines, ça devrait marcher pour moi!" Seulement, à la différence des copines, elle ne veut pas considérer que les choses puissent ne pas fonctionner.
   Tant qu'elle ne prendra pas en compte le fait qu'elle veut toujours que les choses soient comme elle veut qu'elles soient au lieu de les prendre comme elles sont, le moyen de conduire sa vie sera toujours déstructuré (désossé). Et invoquer un ordre supérieur de contrainte (la police) n'y changera rien sauf à penser qu'elle agravera et multiplira probablement ses déconvenues. 


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Août 2019.

Rêve de trahison du petit chien blanc (par une femme de 58 ans).
   Je suis invitée à une réunion de collègues. On me verse un whisky. Je dis que j'en ai trop. J'en renverse, par maladresse, sur la tête d'un invité et lui demande aussitôt de me donner sa veste pour la nettoyer. Je sors donc pour ce faire mais ne trouve plus la veste. Je suis navrée de l'avoir perdue. 
   Je vois Pascaline parler avec des gens mais elle ne me voit pas ou elle fait semblant de ne pas me voir, l'incertitude me trouble.
   Il y a un petit chien blanc, très mignon et joyeux qui me fait fête. J'ai l'impression qu'il me parle. Il saute dans mes bras et dit qu'il veut que je le prenne avec moi car son maître le bat. Je ne sais comment faire. Comme il appartient à son maître, je ne peux pas le prendre et j'en suis désolée. Je lui dis que je viendrai le voir. Je me sens perdue comme si je ne savais pas m'orienter.
   Une grande et belle femme vient à mon aide. Sur un papier, elle écrit mon âge "33 ans". Je lui dit que je n'ai pas cet âge et que je sais où j'habite mais je n'ai plus mes papiers ni d'argent pour rentrer chez moi. Je fouille dans ma poche et trouve un petit porte-monnaie avec juste quelques pièces et lui dit que c'est suffisant pour payer mon bus et rentrer à la maison. 

    La rêveuse est la personne qui a fait les deux rêves des deux mois précédents. Celui de la chorale et celui de la robe multicolore. Ce rêve-ci reprend sa problématique sous un autre angle. Celui d'un conflit de devoir. 
  La première scène montre le comportement de la réveuse dans ses relations sociales convenues et la manière dont elle s'y conforme (rappelons nous le rêve de la chorale dans lequel elle ne veut pas se distinguer ( voir ici... ). Le whisky symbolise l'eau de vie liée à ce mileu dans lequel chacun joue un rôle. Elle en a trop. Trop d'adaptation et de reniement de sa personne au profit du groupe. Le rêve lui montre que cette voie aboutit à la catastropphe. Cette conformation la fait chuter et son désir de ne pas se distinguer du groupe atteint son point de retournement. La réparation de son erreur n'est pas possible parce que ce type de comportement ne fonctionne pas du tout (perte de la veste).  
    Pascaline est une amie de la rêveuse. A l'interroger, nous apprenons qu'elle est bourrue et sans détour. Elle ose dire aux gens ce qu'elle pense d'eux. Elle est tout ce que la rêveuse n'est pas. Celle-ci aimerait être comme Pascaline. Mais elle attend que cette qualité soit efficiente par elle-même, qu'elle vienne de l'extérieur. C'est pourquoi Pascaline ne fait pas attention à elle. La rêveuse ne sait pas encore que c'est à elle d'agir par elle-même et ce non-savoir sème le trouble en elle. 
  La deuxième scène montre un petit chien blanc qui lui fait fête. Il représente son instinct joyeux, spontané et candide réprimé par de mauvais maîtres (elle-même bien-sûr). La réveuse va refuser d'accueillir cet instinct par souci de respect de l'ordre établi. Et comme elle sait au fond d'elle même qu'elle trahit ce petit chien, tiraillée dans un conflit de devoir entre "ordre et justice" et n'osant trancher, elle s'en sort par une pirouette en disant "je viendrai te voir".  Interrogée sur la transposition de ce serment dans le réel, la rêveuse dit qu'elle s'oblige à tenir ce type d'engagement par devoir tout en ressentant un malaise à chaque fois qu'elle s'en acquitte. Elle perçoit que sa solution ne marche pas et se sent perdue, comme incapable de s'orienter. 
   Dans la troisième et dernière scène, on voit se profiler une réponse au désarroi de la rêveuse. L'aveu sincère de l'incapacité à trouver une solution au conflit intérieur provoque l'intervention de l'inconscient, (l'ange ou l'esprit saint en langage religieux). Il apparaît sous la forme d'une belle femme qui écrit l'âge de la rêveuse sur un papier. 33 ans. Il ne s'agit pas de son âge réel mais de son âge symbolique. Le chiffre 33 représente la réorientation que réclame sa situation. 33 ans c'est l'âge du Christ lorsqu'il accomplit sa destinée en mourant sur la croix pour racheter les pêchés du monde. Il s'agit de transformer un mal qui fait souffrir en bien qui libère. La solution n'est pas immédiate et définitive. C'est un chemin de retour à soi avec peu de moyen (quelques pièces au fond d'un porte-monnaie) qu'elle ne croyait pas avoir mais qu'elle découvre en elle. Et c'est largement suffisant. Un retour à soi par le biais du collectif (le bus)


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Juillet 2019

Rêve d'une robe qui se dérobe (par une femme de 58 ans).
    Je suis dans un magasin en train d'essayer une robe noire avec des motifs vivement colorés. Elle me plaît et elle est à ma taille. Je suis venue avec une amie et je vais lui demander son avis. Quand je reviens dans le rayon pour lui montrer la robe, elle a disparu. Je fouille donc le rayon et ne trouve plus le modèle à ma taille. J'essaie une taille en dessous mais c'est bien trop petit. Je suis déçue. 

    La robe comme tout vêtement est ce qui se donne à voir de la personne dans une relation. Dans le rêve, contrairement au proverbe bien connu "l'habit ne fait pas le moine" , l'habit reflète bien la personnalité de la rêveuse. 
    Rien de mieux qu'un fond noir pour mettre en valeur la variété et la densité des couleurs. Elles représentent la personnalité riche et chatoyante de la réveuse. Cependant, quand elle demande avis à une autre personne, elle perd cette personnalité qui se retrouve ainsi réduite et étriquée.
  Ce rêve intervient dans la cure au moment où la réveuse perçoit qu'elle ne peut pas s'empêcher de demander l'assentiment d'autrui à chaque fois qu'elle affirme quelque chose. Elle ponctue chacune de ses phrases par une question du genre : " Il fait beau aujourd'hui, hein?" ce qui a pour conséquence d'agacer son entourage. Elle se fait donc rembarrer et s'en trouve blessée.
    Le rêve lui montre que ses choix et ses affirmations sont riches et pertinents. Ils se suffisent à eux-mêmes. C'est en demandant l'avis d'autrui, qu'elle donne une image étriquée d'elle-même.


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Juin 2019

Rêve de peur de faire  tache dans la chorale du village (par une femme de 58 ans).
    Je suis dans la salle des fêtes de mon village. Je m’aperçois que ma chorale doit monter sur scène. Je n’avais pas été prévenue. Ils me disent d’aller chanter avec eux. Mais ils sont dans leur costume de scène, pantalon noir et teeshirt de couleur, moi j’ai une robe courte de couleur saumon, je vais faire tache. Je me contente  donc de regarder le spectacle.
    Je vois une jolie petite fille blonde âgée de trois ans. Sa mère vient vers elle. Je lui demande son âge, elle répond : 15 ans.  Elle l’a donc eue à 12 ans (fin du rêve).
    Je fais le lien avec mon histoire. A l’âge de 12 ans, j’ai entendu mon père crier dans la cuisine. J'étais à l’étage, allongée dans un grand lit avec ma soeur de 25 ans, quand elle m'a dit : « Tu sais, il ne faut pas faire de mal à Papa ». Mon père était en colère parce que mon autre sœur était enceinte avant d’être mariée. J'étais terrorisée à l'idée que j'avais moi-aussi la possibilité de faire du mal à Papa. Il ne faut pas que ça arrive à moi. Il faut que je me conforme à ce qui est voulu.
     C'est ainsi qu'aujourd'hui encore, je suis reprise par la peur du qu'en-dira-t-on lorsque l'un de mes proches ne se comporte pas "comme-tout-le-monde". 

   Le rêve emprunte un élément de la vie ordinaire de la rêveuse pour bâtir son récit : la chorale du village à laquelle elle participe activement. Elle représente n'importe quel groupe dans lequel il n'y a pas de voix discordante.
    Alors que le groupe lui demande de participer même si elle est habillée d'une manière qui la différencie de celui-ci, elle refuse par peur de se faire remarquer. C'est la peur du qu'en dira-t-on, peur de sortir du lot, peur de ne pas être "comme tout le monde". 
    Dans la vie familiale, cette peur se trouve projetée sur ses enfants et sur son mari sous forme de reproches quand ceux-ci ne se comportent pas "comme il faut". C'est une réactivation d'une détresse enfantine qui a eu lieu probablement à l'âge de trois ans avec un sérieux rappel à l'age de douze ans. Elle s'interdira dorénavant (et interdira à ses proches) de sortir du lot des convenances admises par le clan familial dont le père était le gardien. 
     Le rêve incite donc la rêveuse à sortir de ce carcan de la peur du qu'en-dira-t-on qui impacte sa vie avec la belle figure blonde de la jolie petite fille de trois ans, fruit aimable et joyeux de la désobéissance au conformisme familial. 


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Mai 2019

Rêve de meurtre et poursuite dans un cinéma (par une femme de 46 ans, célibataire).
    "Je suis témoin d'un meurtre perpétré par un policier. Il s'en aperçoit et se lance à ma poursuite pour me tuer. Avec deux amies (sans visage connu), je me réfugie dans un cinéma désaffecté. Il y a une femme guide qui le fait visiter selon un parcours labyrinthique. Alors que je me crois sauvée, l'homme me saisit pour me tuer. Je suis nue et empalée sur un croc qui me transperce depuis l'abdommen jusqu'au coeur."

   Ce rêve montre, comme dans tous les rêves où le sujet est poursuivi, un  refus, et une peur, d'accepter une partie essentielle de soi-même. L'image qui me vient est celle du chien à qui on a attaché une casserole à la queue. Plus il court pour fuir le bruit engendré, plus celui-ci augmente. Une seule solution : arrèter de fuir. 
   Il s'agit d'une répétition d'un traumatisme ancien. La patiente a été témoin dans sa prime enfance d'une scène qu'elle n'aurait pas du voir. Elle a perçu une honte refoulée d'un de ses parents et pense que le fait d'en avoir été témoin la met en danger de rejet, donc de mort. C'est tellement insupportable qu'elle n'osera plus exercer sa vision juste par peur du rejet. Et ça la fera souffrir sa vie durant.
   Le meurtre, c'est celui qu'on inflige à la meilleure partie de soi-même. Et le policier représente le carcan de loyauté dans lequel la réveuse s'est mise pour tenter de ne plus revivre son traumatisme initial (Papa, Maman, je serai tellement loyale envers vous que vous n'aurez plus à craindre de moi). Le cinéma repésente la projection de ce carcan de loyauté devenu inconscient et qu'elle projète sur le quidam qui se trouve là. Autrement dit, pour se protéger du rejet, elle impose son exigence de loyauté.
   Le cinéma désaffecté, c'est le mécanisme de protection, la projection qui est devenue obsolète. Une femme guide est là (son envie de vérité sur elle-même et son intelligence) pour faire visiter les tours et les détours de sa problématique et de ses évitements.
     Les deux amies symbolisent l'inefficacité du refuge dans la compagnie.
    Le rêve montre l'inefficacité des tentatives de fuite, donc d'évitement. Mais il montre aussi la prise de conscience progressive par la rêveuse de ses comportements traumatiques.
   Le rêve a eu lieu le lendemain matin d'une entrevue houleuse avec son compagnon. Une crise mimétique durant laquelle chacun s'est renvoyé la responsabilité de sa propre difficulté à se dire dans la relation. Celle-ci étant de fraîche date, la rêveuse craint de l'avoir compromise. L'état émotionnel de la rêveuse a précipité ce rêve. 


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Avril 2019

Rêve de graine (par un homme de 57 ans en analyse depuis quelques années).
   Hier soir, j'ai posé une question à mon inconscient juste avant de m'endormir : "J'ai fait tout ce que j'ai pu pour ma tâche et ça n'avance pas. Qu'est-ce que tu veux pour moi ?"
    Voici la réponse dans mon rêve de ce matin. "Je suis avec d'autres dans une salle d'attente et je mange un haricot sec que j'ai longtemps ramolli dans ma bouche. Puis une femme psy arrive et me dit : "On s'occuppe de vous tout-de-suite car vous êtes une personne exceptionnelle !" Je réponds :"Prenez votre temps."
     Ce rêve me préoccuppe une partie de la matinée et voici ce que j'en ai compris :" Ma Tâche, j'en ai le pressentiment depuis longtemps (temps de ramollisement de la graine de haricot sec qui est mon potentiel à faire germer puis à faire croître une fois la chose digérée et assimilée). Le rêve me montre que j'ai bien compris la manière de faire. Sauf que quelque chose se met en travers... 
    Je suis bien prêt à mettre en oeuvre cette tâche de psy que symbolise mon anima-psy dans le rêve mais à y regarder de plus près, l'anima me flatte par ses propos "vous êtes une personne exceptionnelle..." En répondant "prenez votre temps" je m'aperçois que je prête le flan à cette âme pour qu'elle prenne son temps, qui peut-être infini pour ne pas qu'elle me conduise à ma Tâche. 
    En fait, j'attends qu'on me reconnaisse comme psy avant d'exercer cette tâche car j'ai peur de m'affirmer comme tel aux yeux du monde. Ce rêve me montre comment, inconsciemment, je suis dans une manoeuvre d'évitement.

   Je n'ai pas eu besoin d'interpréter ce rêve. Cet homme sait le faire. La réponse du rêve à sa question est claire. Il s'est vu dans la manoeuvre d'évitement qui consiste à rester demandeur que l'extérieur réponde à son attente au lieu de s'y engager de manière personnelle même si ça lui fait peur, peur de déranger l'ordre établi. 


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Mars 2019

Rêve de sac-à-main (par une une femme de 69 ans).
    Cette nuit, j'ai rêvé de sacs. J'hésitais à acheter un petit sac (genre mini besace) jaune de deuxieme main à 300 euros et un autre presque le même mais tout neuf, jaune aussi, avec de jolis motifs, style un peu hippie-aborigene-amérindien, plutôt noirs mais à 600 euros. Je demandais conseil à une amie plutôt snob et radine. Elle me deconseillait le premier en trop mauvais état et mal agencé. Finalement, je n'achetais rien, de toute facon, trop cher l'un comme l'autre. Serais-je devenue sage ?

   Le sac à main d'une femme porte son identité la plus intime, son individualité. La couleur jaune évoque le soleil et son rayonnement. Un sac jaune parle du rayonnement d'une personnalité féminine.
    Le sac de deuxième main représente la personnalité déjà connue de la rêveuse, celle qu'elle incarne habituellement.
    Le sac avec de jolis dessins représente la personnalité potentielle de la rêveuse plus poétique, plus spontanée et belle, proche de sa vraie nature.
   Le mot cher évoque un coût, donc un effort pour développer sa personnalité la plus riche, mais aussi la plus chère (chérie), la plus aimée des dieux.
    Dans le choix proposé par le rêve, la personnalité habituelle et trop bien connue de deuxième main, est d'emblée à écarter car le maintien de cette personnalité côutera trop cher à la réveuse. 
   L'ancienne copine, la rêveuse la juge snob et radine. Snob, ce personnage n'aurait jamais conseillé l'occasion. Radine, elle l'aurait trouvé trop cher pour une occasion et n'aurait pas pris celui à 600 euros aux jolis motifs bien trop cher.
   Ce personnage représente son propre comportement qu'elle projète inconsciemment sur la copine pour mettre à bonne distance d'elle-même ces deux comportements qu'elle déteste.
   C'est par crainte de passer pour snob qu'elle ne choisit pas d'arborer cette nature intime et naturelle proche des hippies et des amérindiens qui va lui demander un effort (le dépassement de sa propre histoire coûte cher). C'est par crainte de passer pour radine qu'elle ne choisit pas le sac d'occasion.
   Le fait de ne rien choisir de la proposition du rêve la fait rester inconsciente d'elle-même. Elle aurait pu choisir en conscience une personnalité déjà connue, pas en très bon état, ce qui aurait été un moindre mal. La tentative de l'insconcient, (le Soi ou l'Ange, selon les croyances) est restée vaine.
   Le scénario du rêve invite donc la rêveuse à choisir l'individualité la plus chère dans tous les sens du terme. Elle lui montre aussi par sa projection sur la femme radine comment  elle se dérobe à sa Tâche.
   La réflexion de la réveuse au sortir de son rêve, serais-je devenue sage ?, montre sa totale incompréhension de sa situation psychique présente. Car la sagesse ici évoquée n'est qu'une sagesse enfantine du genre sois sage et tais-toi, une manoeuvre d'évitement pour ne pas avoir à affronter ce que la vie lui demande.

  Pour éviter de passer à côté d'une bonne interprètation, il faut se dire que c'est rarement à une conservation d'un comportement ancien que nous sommes conviés, mais plutôt à l'audace d'un comportement nouveau, jamais encore vécu ou pas encore pleinement vécu.

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l'écoute