Quelques symboles...

____________________


    Les symboles décrits ici ont donné lieu à des synchronicités, parfois en lien avec un rêve, mais toujours avec un questionnement sur soi. Ces expériences symboliques signifiantes m'ont été confiées par des personnes que j'accompagne.


Le papillon

     C'est un symbole d'une grande importance. De par sa métamophose de chenille en chrysalide puis en imago, le papillon est le symbole par excellence de l'âme et de sa transformation .

     Marion est bipolaire et commence un travail intérieur. Après une phase durant laquelle son cerveau marche à toute vitesse et qu'elle se sent forte et hyperactive, vient une période de dépression. Durant la première phase, elle se sent bien et repousse le travail sur son âme. Au cours d'une visite chez une amie, celle-ci lui raconte avec émerveillement la métamorphose des chenilles du paon du jour qui viennent, l'été, se loger sous le rebord du toit de sa maison. Au retour dans son appartement en pleine ville et en hiver, elle trouve dans son salon un magnifique paon du jour. L'émotion est forte et la touche profondemment.

    Alain a fait un rêve nocturne. Une femme inconnue, qu'il ressent comme étant sa femme, lui fait une scène de ménage. En colère, elle tente de lui planter une fourchette dans le coeur en le traitant de cossard. Il prend conscience qu'il doit s'occupper de son âme sinon elle le tuera sentimentalement (coeur). Ce qui veut dire qu'il ne ressentira plus rien et risque la dépression. Plus tard, lors d'une promenade derrière chez lui, il est pris dans un nuage de papillons qui l'entoure et le suit durant quelques mètres. La joie l'étreint d'un coup.

    J'attire l'attention sur la paresse que nous éprouvons tous à changer nos habitudes, afin que nous fassions l'effort de mettre l'âme au centre de nos préoccupations. La synchronicité marque l'importance de ce travail.

Bucéphale

    Dans mon rêve, je vois une sorte de petite sculpture en bronze qui représente un cheval collé sur un mur de mon lycée d'autrefois. Je me réveille et m'entends prononcer : Bucéphale. Je ne connais pas ce nom. Je me lève et vais chercher un dictionnaire.
    Bucéphale (tête de boeuf, en grec), était le nom du cheval fougueux d'Alexandre le grand. La légende rapporte qu'il n'avait peur de rien sauf de son ombre (ombrageux). Il fallait le tourner vers le soleil pour le faire avancer. Là il partait au galop courageusement. 
  Avec un peu de réflexion, je me rends compte qu'en ce moment, je fonce vers ce qui me semble lumineux. Alors, je prends l'engagement d'observer la part de mon âme qui reste dans l'ombre. Ce que j'ignore ou ne veux pas voir en moi. 

La dette

    Fin 1992, Jo vient d'échouer dans son projet de vie et en sort déprimé. Il fait le rêve suivant :
"Bérégovoy (1er ministre à l'époque) a des dettes et ne veut pas qu'on les lui remette. Il tient donc à les payer en utilisant le carnet de chèques de sa femme pour la discrétion." 
   Jo comprends la remise de dette comme dans la prière du notre père (Seigneur remet-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs... qui devient dans une forme plus moderne: pardonne-nous nos pêchés...). Il comprend qu'il a du mal à se pardonner cet échec. Mais plus encore, il se voit refusant l'aide d'autrui. 
   En mai 1993, Beregovoy se suicide parce qu'il avait contracté une dette et qu'il ne voulait pas qu'on l'achète en lui effacant cette-ci. Sychronicité ou rêve prémonitoire ?  
   C'est une synchronicité puisque Jo n'a aucun lien avec Béregovoy. Une synchronicité dont la dimension hors du temps nous échappe. Seul le sens demeure. 
    Le poids continue de peser sur les épaules de Jo puisqu'en mai, peu avant les obsèques de Bérégovoy, il fait un autre rêve : Je suis l'un des porteurs du cercueil de Bérégovoy. Je trébuche, le cercueil tombe par terre et s'ouvre laissant s'échapper le cadavre. 
  Là Jo ne peut plus continuer de refuser de changer de comportement. Porter en terre Bérégovoy, c'est enterrer sa problématique. Et le rêve la lui révèle à nouveau. Ce que tu enterres regarde le donc, il est à la vue de tous. 
   Ce que Jo a du mal à lâcher, c'est le poids. Le poids du devoir. "J'assume tout, je ne demande rien car je ne veux rien devoir à quiconque".  C'est ancré en lui et en sa famille depuis plusieurs générations.
    Ce même Jo qui 22 ans plus tard, verra se former ces mots dans une imagination active : LE DU MENT, L'INDU VIT (voir dans Dialogue intérieur) .
 
     

La glace

   La glace comme la neige est de l'eau gelée. Symbole du sentiment, l'eau sous sa forme de vapeur exprime  une exaltation, sous forme solide  elle exprime une âme gelée, figée, une absence de sentiment lié à un conflit intérieur souvent inconscient
  Gérard, un homme mal dans son couple est amoureux d'une autre femme qu'il projète de rejoindre. Un matin, un cauchemar le réveille en sursaut. Des blocs de glace tombent autour de ma maison et se fichent dans le jardin. Il se lève, ouvre le poste de radio et entend : Un bloc de glace est tombé du ciel, a crevé le toit d'une maison dans la banlieue parisienne et a atterri dans un lit. Personne n'a été blessé.
    Gérard fait le rapprochement avec sa décision d'aller voir son amoureuse. Il le fait non sans un sentiment de transgression. La rencontre sera douce, mais non probante. Au retour, il tombe en grave dépression. Le rêve de glace et la synchronicité qui suit annonçaient la dépression du retour. Il sortira de cette dépression trois semaines plus tard en posant à sa femme une vraie question qui engage le couple dans un projet qui lui tient à coeur et dont elle se refusait jusqu'ici de participer.

     

L'homme balafré

    Une femme catastrophée vient me trouver parce qu'elle a vu dans la rue l'homme qu'elle balafrait dans son rêve. Un homme métis qui la poursuivait et dont elle a tenté de se débarasser en le lardant de coups de couteau. En écoutant le récit de son enfance, on peut comprendre ce qui s'est passé. Son père était un homme qui faisait règner la terreur à la maison. Depuis son rapport aux hommes est difficile. Ses amours éphémères sont douloureux. La part masculine de sa psyché cherche à s'unir à elle en la poursuivant. Elle n'en veut pas et blesse continuellement cette âme. Le métis couturé qu'elle rencontre dans la rue n'a aucun rapport avec elle. Cette synchronicité marque son besoin d'accueillir cette âme au lieu de la blesser. 
    L'homme bléssé, couturé, ensanglanté, sont dans le rêve des femmes dont l'âme masculine (l'animus) a besoin d'être accueillie et intégrée à  leur vie.  
 
     

La langue étrangère

    Souvent, quand un rêve a besoin d'exprimer de manière plus concrète, plus frappante qu'une image symbolique, il utilise une langue étrangère.
     Bernard rêve qu'il est aux Etats-Unis. Sur le balcon d'un bar, à l'étage, un camion est juché. Difficile de l'en déloger. Il entre dans le bar et propose de le prendre sur le dos et de le dégager d'un coup. You put the truck on your back ! Et il s'entend répondre par la serveuse : ...background !
     Au réveil Bernard cherche dans un dictionnaire anglais le mot background qui signifie arrière-plan et comprend la justesse de la réponse. La symbolique du camion, c'est le poids lourd. Il lui est recommandé de mettre ce lourd poids des choses à l'arrière-plan de sa vie et non de se le coller sur le dos; autrement dit de ne pas se préoccupper du poids.

     Joël se voue à son intériorité, il est analyste de rêves. Ses filles, autrefois très proches, se détournent de lui et préfèrent la compagnie de son ex-femme plus ancrée dans le monde. Il fait un rêve qui lui montre que c'est Noël et qu'il est venu sans cadeau pour ses filles. Elles ne s'intéressent plus aux rêves et préfèrent aller avec leur mère. Au réveil, il voit ces paroles : Love vor Gott, vor immer, vor Himmel. C'est un étrange mélange d'anglais et d'allemand. Un jeu de mots d'une signification, ô combien profonde, qui justifie l'emploi de ces langues.
    Love vor Gott s'entend Love forgot, c'est à dire : l'amour oublié en anglais. Mais en allemand,  Love vor Gott s'entend l'amour avant Dieu.
    Love vor Gott, vor immer, vor Himmel signifie donc : L’amour passe avant Dieu, toujours avant, avant le ciel.
    Joël, profondément fasciné par sa recherche intérieure qu'il appelle "Dieu" en a oublié l'amour pour ses filles. C'est pour celà que le rêve lui montre qu'il est venu sans cadeau pour elles. Le cadeau n'étant que le geste par lequel l'amour se montre. L'amour est cadeau. 
    Joël se trompe, aveuglé par sa recherche de Dieu. L'entretien 78 des Dialogues avec l'Ange confirme le sens du rêve : Ne l’aime pas, LUI – TOI, AIME TOUT. C’EST CELA L’AMOUR DIVIN.

      J'ai fait le rêve suivant : je suis accueilli par des Allemands qui habitent une solide et sobre demeure. Je maitrise mal la langue et je veux exprimer l'image du seau. Je n'arrive à dire que "bucket" qui est le mot anglaisAu réveil je cherche la traduction de "seau" dans un dictionnaire allemand et je tombe sur le mot "eimer". Quand on le prononce en respectant l'accent allemand, on entend : Aime ! Une injonction qui m'a beaucoup touché.
  
   

La sculpture en bronze

   Les sculptures en bronze, dans les rêves, montrent qu'un archétype est constellé dans l'inconscient. Un modèle de comportement est à l'oeuvre en coulisses. Dans l'antiquité on aurait dit qu'un dieu inspire ou possède le sujet.

     

Le Tao

    Je rêve que je suis dans un dojo (salle de judo). Dans un coin, une sculpture en bronze est posée par terre, sur le tatami. C'est une tête posée sur une sandale. Je sais que je suis devant un dieu et que je vais recevoir une initiation....
    Ce rêve est important. Les deux idéogrammes qui forment le mot "tao" en chinois signifient tête et aller. D'ou chemin de conscience.