Introduction au rêve

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L'aventure intérieure (introduction au rêve)

  Si je fais le rêve d'une sorcière qui me projette contre un mur, je constate simplement que je suis victime d'un important complexe maternel qui probablement se transmet par les femmes depuis plusieurs générations et que pour l'instant, le rêve reste trop général pour que je puisse trouver les éléments pour modifier mon comportement. 

    Mais si je fais le rêve d'une femme, ma femme dans le rêve, qui me fait une scène en tentant de me planter une fourchette dans le coeur en me traitant de cossard, j'ai peut-être à y regarder en deux fois et prendre des dispositions pour qu'elle n'ait plus le loisir de recommencer. C'est là que l'interprétation a son importance pour ensuite poser les actes qu'il convient afin d'améliorer ma vie.

     La femme de mon rêve, c'est mon âme. Elle me fait une scène afin que je m'occupe d'elle. Elle me tue, cela signifie que mon abscence d'envie, mon aquabonisme s'entretient de lui-même et m'entraîne à avoir de moins en moins d'envies. Et peut-être jusqu'à la perte du gôut de vivre, la dépression et le suicide. Pour ne pas en arriver là, il convient de changer d'attitude et de m'engager à satisfaire mon âme en me bougeant le derrière, en faisant attention à mes désirs, à aller vers ce que j'aime sans renâcler même si je ne sais pas encore bien ce que j'aime. 

    Changer sa vie à partir d'un rêve, ou d'une série de rêves, c'est entrer dans l'aventure intérieure. C'est prendre au sérieux le rêve comme s'il venait d'un être en soi infiniment sage, cet être-même objet de vénération des religions. Une puissance ordonatrice de la vie. 

    Il y a vingt ans, alors que je suivais les pratiques élaborées par Bernard Montaud, fondateur de l'école de vie intérieure Art'as, et que j'étudiais les Dialogues avec l'Ange, une aventure spirituelle vécue pendant la guerre et rapportée par Gitta Mallasz, je fis le rêve suivant:

     Je suis sur le lieu de mon travail, Gitta et Bernard viennent y faire une conférence. Soudain, le sol se met à pencher et me voici précipité dans un vaste atelier où l'on prend soin de plantules en godets qui vont partir faire des arbres. Une pépinière. 

    Ce rêve est vieux de 20 ans. A l'époque, je supportais mal mon travail et ce rêve était venu me donner l'espoir d'en sortir pour exercer le métier de psychothérapeute. C'était aller trop vite en besogne. D'autres rêves furent nécessaires pour préciser la chose. 

    Je conduis un autocar et je n'ai pas assez de carburant.  Ce rêve montrait qu'il me serait impossible de conduire une entreprise collective par manque d'énergie disponible, mais individuellement  c'est possible comme le montre le rêve qui suit.

      Je suis avec un anglais en vacances en France. C’est un maître-nageur bénévole. Nous parlons de son activité et il me parle qu’il a eu la barbe et je lui réponds : « Beard gives authority ! »     

     Un maître nageur anglais symbolise une personne étrangère (qui n'est pas du sérail) qui sait apprendre à autrui à évoluer dans sa vie psychique sans couler.

     Autrement dit, le rêve me demande d’enseigner à autrui à se mouvoir dans son insconcient dès maintenant et que j'en sais assez (l'anglais) pour communiquer mon savoir. Je n'ai pas besoin de me sentir reconnu (la barbe) pour commencer ce travail.

     Le rêve pousse parfois à agir dans l'immédiat, parfois ça ne sert à rien de se précipiter. La direction est donnée, mais il faut attendre un long temps de maturation pour enfin agir de façon compétente et sûre. Ainsi ce rêve me poussait à enseigner l'interprétation des rêves et à aider autrui à bien mener sa propre aventure intérieure sans attendre d'avoir acquis de l'autorité.

    Le maître-nageur est bénévole, donc je le suis aussi. 

    Un rêve fait par un ami m'a montré que l'accès à la mer doit être gratuit.

     Oui, l'accés à la connaisance de soi doit être gratuit. Le rêve et son interprétation ne doit pas etre enfermé dans des écoles de spécialistes duement diplomés par ceux qui, une fois qu'ils ont découvert une méthode d'introspection, s'empresse de l'enfermer afin d'acquérir une notoriété, un petit pouvoir en en interdisant l'accés aux gens simples.

    Or tout le monde rêve et chacun est capable d'interpréter ses propres rêves, moyennant quelques recettes simples. C'est à cette simplicité que je convie celui ou celle qui a le goût de l'aventure, une aventure qui consiste à dépasser ses complexes, oser des comportements nouveaux en lien avec sa propre vérité intérieure, celle qui s'exprime dans les rêves, dans les intuitions, dans l'acte créatif, et qui nous fait grandir.


L'aventure en mer et l'aventure intérieure (similitudes).

   C'est l'aventure qui rapproche le marin du rêveur. Se confronter aux éléments, aux grands espaces sauvages de l'océan est une aventure, elle ressemble étrangement à la confrontation avec son propre insconcient. D'ailleurs, sur le plan symbolique nous retrouvons dans les rêves, les éléments mouvants du vent et de la mer qui signifient les diverses humeurs qui nous traversent. 

    Dans l'aventure qu'elle soit extérieure où interieure, c'est bien avec soi-même que nous avons rendez-vous.

    Et s'engager sur le chemin du rêve, c'est bien autre chose que de partager ses rêves de manière anecdotique et d'en rire à table lors d'un repas amical.

    C'est une navigation intérieure où personne ne va, parce qu'on est désorienté et qu'il faut apprendre à distinguer, reconnaître les éléments qui apparaissent énigmatiques comme une côte vue de loin où l'on se demande comment l'aborder, comment y trouver un espace pour s'y glisser alors qu'on ne discerne qu'une ligne continue.

    Le rêve s'aborde d'abord ainsi, rébarbatif, étanche au sens, et l'on se demande ce qu'on pourra bien y découvrir. La seule différence d'avec la navigation, c'est qu'on n'est pas obligé de s'y arrêter, tandis que la côte, elle, il faudra bien trouver l'ouverture pour s'y mettre à l'abri.

     Le désarroi devant l'impénétrabilité d'une côte qu'on aborde pour la première fois est là. On est obligé de quitter nos certitudes, de revenir sans arrêt à la carte pour voir si ce qu'on voit de la côte colle bien avec son dessin, de vérifier avec quelques amers que le positionneur (GPS) ne s'est pas trompé. Puis, on s'approche et miraculeusement l'hostile muraille de roche ou l'indéchiffrable ligne basse s'ouvre.

    L'inconnu inquiètant cesse d'être inconnu pour devenir simplement autre; un autre endroit qu'on ne connaissait pas comme un autre endroit de soi-même que révèle le rêve quand on ose se défaire de nos certitudes et de nos vieilles croyances obsolètes auxquelles on s'accroche.

    En mer, si on aborde une côte inconnue avec des certitudes, on va droit au naufrage. C'est moins radical dans la vie où la partie de soi négligée qui affleure de façon menaçante comme un récif dans le rêve mettra quelque temps avant de provoquer une maladie ou un acte manqué. Mais au bout du compte, il y aura quand même naufrage avec, dans ce cas, le sentiment qu'on n'y est pour rien et que c'est faute à pas de chance. Par contre, on imagine mal un marin sur son navire, sans carte, sans instrument s'en remettant uniquement à ses ressentis pour aborder une nouvelle terre. C'est pourtant ainsi que nous faisons souvent dans la vie, alors que nous pourrions utiliser le rêve, il est notre instrument de navigation, notre cartographie. C'est bien de savoir s'en servir.

    L'aventure bien conduite, qu'elle soit avec le rêve ou en mer, procure un accroissement de soi tel qu'on jouit d'une liberté plus grande. Elle se manifeste par un cœur joyeux et un esprit émerveillé.


La vague géante